L’épreuve d’une vie
Par Rando le vendredi, mai 4 2007, 12:11 - Randonnées glaciaires - Lien permanent
Le Mont-Blanc, sommet mythique européen. Plusieurs l’admirent,
l’observent, le photographient. D’autres, plus téméraires,
l’affrontent, le grimpent. Certains, comme Marc Couture, de Québec,
choisissent de le contourner au pas de course.
À 43 ans, ce
sportif de chez nous a décidé de s’offrir la plus grande épreuve de sa
vie, soit le Tour du Mont-Blanc, aussi connu sous le nom officiel de «
North Face Ultra-Trail », une balade de 85 kilomètres de sentiers entre
Courmayeur et Chamonix.
« Il s’agit d’un ultra-marathon en
montagne, probablement le top des courses du genre. Pour la première
fois, je ne pouvais pas faire la plus grosse randonnée car 150 km,
c’est énorme. Pour les 85 km, ça devrait me prendre entre 13 et 15
heures », soulignait-il au Soleil à proximité d’une piste boisée.
![]() Marc Couture se prépare au pas de course en vue de sa « balade » de 85 km. |
Carl Tardif
Il jure ne pas être tombé sur la tête ! En fait, c’est
en se promenant... dans Internet qu’il a découvert cet événement fort
populaire en Europe. En l’espace de 24 heures, tous les formulaires
d’inscription se sont envolés. Ce policier de carrière sera l’unique
Québécois au départ.
« De la course en forêt, c’est ce que je
fais ici, car je n’aime pas courir sur l’asphalte. Je pars avec mon sac
à dos et mes bâtons pendant trois ou quatre heures. Ça fait quelques
années que je mijote le projet et je me suis offert un cadeau pour mes
43 ans », indique cet ancien membre de l’équipe du Québec de ski de
fond.
Son nom n’a pourtant jamais fait les manchettes des pages
sportives et il n’a pas été en mesure d’accomplir son plus grand rêve,
celui de joindre les rangs de l’équipe canadienne.
« Devant
moi, il y avait les Pierre Harvey, Jocelyn Vézina, Yves Bilodeau, Alain
Masson et Richard Masson. Chaque course que je faisais, je savais qu’il
m’était impossible de finir plus haut que six », rappelle-t-il avec le
sourire.
Il se lance la conquête du Mont-Blanc avec confiance.
Les 85 km à travers les vallons, les sentiers forestiers et les cols
impressionnants ne l’effraient pas.
« Ça me fait moins peur
qu’un marathon, puisque le terrain est varié. Il y aura beaucoup de
montées et plusieurs descentes. À certains endroits, on n’a pas le
choix de marcher », dit celui qui s’amuse souvent à grimper et
descendre le mont Sainte-Anne.
Le Mont-Blanc — qui surplombe les
frontières de l’Italie, de la Suisse et de la France — s’élève à 4807
mètres d’altitude. L’athlète originaire du quartier Neufchâtel ne se
prépare pas à l’escalader, mais à le contourner.
« On ne va pas
plus haut que 2500 m, mais le total des montées atteint 4500 m. J’ai
toujours fait de la compétition, je vise le meilleur temps possible. Je
dois être réaliste, je n’ai jamais fait une course dans des conditions
aussi difficiles », explique celui qui doit traîner une lumière
frontale, une veste contre la pluie, une couverture de survie, une
tuque, des gants, une gourde, de la nourriture d’appoint et qui ne part
jamais sans sa fusée routière et son sifflet... pour effrayer les ours
qu’il peut croiser sur sa route.
Cette fois-ci, il part seul. «
Il n’y a personne d’assez malade pour le faire avec moi... Ça ne
m’inquiète pas, car j’ai pas mal toujours fait mes affaires tout seul
et je vais évaluer si je peux me taper le grand tour dans quelques
années. »
Source : cyberpresse.ca
































