Le train (ou l'avion), direction le Grand Nord. Descente au-delà du cercle polaire arctique, un bon millier de kilomètres plus loin, à Kiruna, capitale de la Laponie suédoise, née il y a un siècle de ces terres vierges pour en exploiter le minerai de fer. Un bus fait la liaison en une heure vers l'ouest jusqu'à Nikkaluokta, Nikka pour les gens du cru qui fatiguent après les deux premières syllabes de tous ces noms à rallonge.

C'est un point de départ qui permettra de passer au pied du Kebnekaise (Kebne), le plus haut sommet de Suède, 2 104 mètres y compris le glacier, et de suivre un moment Kungsleden, la Voie du roi, chemin de grande randonnée légendaire qui s'allonge sur près de 500 kilomètres. Dès l'arrivée à Nikka, le temps de changer de chaussures suffit aux premiers moustiques pour passer à l'attaque. Surprise, le produit semble efficace.

La première marche s'écoule tranquillement sur près de 6 kilomètres à travers bois vers un gros bout de rivière où l'on peut prendre un petit bateau qui rapproche du Kebnekaise dont on aperçoit les pentes parfois enneigées. Le ciel est couvert. Par endroits, le sentier suit des rails de bois, deux planches qui permettent d'enjamber des marais. A Kebne, de nombreux touristes sont là. La plupart dorment en dortoirs. Deux Danois encore crottés discutent avec une Suédoise qui leur dit : "Moi ? Je suis venue en hélico de Nikka !" Air consterné des Danois. D'ici, les guides organisent des balades vers le sommet, d'autres partiront à la découverte de la flore ou de glaciers. Après une nuit sous la tente, la progression reprend vers l'ouest, en longeant une rivière.

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