Alpinistes, spéléologues, coureurs des mers, sont vaccinés depuis longtemps contre les détracteurs. Mais chaque incident fait rebondir la polémique. Les mésaventures de l'équipe bloquée le week-end dernier dans une grotte du Doubs inondée ont à nouveau mis l'accent sur les dangers du milieu souterrain. Mais les spéléos, particulièrement nombreux dans notre région truffée de cavités, en ont assez d'être pris pour des têtes brûlées. Il se produit certes régulièrement des accidents, parfois même mortels. Selon le Spéléo Secours Français (SSF), une commission de la fédération française, composée de bénévoles, qui assure l'essentiel des sauvetages souterrains - sinon cette tache revient aux sapeurs pompiers, à la gendarmerie, au SAMU, etc. -, le nombre des accidents (une vingtaine par an) diminue régulièrement en France depuis une quinzaine d'années. Chaque opération mobilise tout de même entre 20 à 100 sauveteurs.

L'ivresse des sommets

Les spécialistes classent les risques de cette pratique en trois grandes catégories : un matériel défaillant, le froid, les zones inondées qui accroissent énormément la fatigue, la montée soudaine des eaux, glaciales de surcroît, les chutes de pierre. L'alpinisme est l'un des plus anciens loisirs « extrêmes ». Il y a deux siècles que des hommes et des femmes s'aventurent sur les pentes hostiles. Le cercle des initiés de l'avant-guerre s'est aujourd'hui élargi à des milliers de pratiquants. « Nos clients connaissent des joies énormes qu'ils ne vivraient pas en bas, rapporte le guide Bruno Pellicier (lire l'interview ci-dessous). Atteindre pour la première fois un sommet, c'est quelque chose de très fort. Mais nous ne sommes pas tous égaux face à l'altitude. Avec une bonne condition physique et les conseils d'un professionnel, on peut grimper sans problème jusqu'à 4 000 m. Après, il est indispensable de bien maîtriser la technique et le matériel, crampons, piolets, encordement, skis en hiver. Pour débuter, le plus simple est de passer par un club ou un guide ».

L'alpinisme a maintenant de jeunes cousins fougueux qui s'expriment sur ce formidable mais très dangereux terrain de jeu qu'est la montagne. L'escalade des cascades gelées, par exemple, qui est la plus proche de l'ancêtre, attire de plus en plus les grimpeurs. Ce sport-loisir qui a débuté en Écosse dans les années 1950 s'est implanté dans l'Hexagone en 1966.

Gavarnie, la « Mecque » des cascades gelées

Rapidement, la cascade du cirque de Gavarnie, la plus haute d'Europe (442 m), devint la « Mecque » de cette forme d'alpinisme. « Certains jours, nous dit-on au bureau des guides de Gèdre Gavarnie, il y a quarante à cinquante personnes sur la cascade par cordées de deux ou trois, mais il existe plusieurs voies. Cette activité est particulièrement tributaire des conditions météorologiques. Le redoux notamment rend la glace moins résistante. Les néophytes doivent absolument se faire accompagner d'un guide. Avec lui, en plus, il n'y a pas besoin de contracter une assurance » (prix d'une journée de guide : entre 530 € et 675 €).

Les pentes vertigineuses servent aussi de piste aux adeptes du VTT extrême. Les cyclistes s'élancent à plus de 2 700 m d'altitude sur des plans inclinés (75 % et plus) enneigés ou non, à des vitesses effarantes. Le Français Éric Baronie, recordman du monde, a dépassé les 220 km/h 8 secondes après son départ !

Le dernier-né des sports à grands frissons s'appelle curieusement le « tas-d'arbring » - pour tas d'arbres : il consiste à dévaler une colline boisée ou de maquis à 30 km/h avec une combinaison de protection spéciale et à se servir de la végétation pour infléchir sa trajectoire, modérer son allure ou amortir sa chute. Il paraît que « ça décoiffe » et que le contact… avec la nature est garanti. On le croit sur parole.

LES RÈGLES INCONTOURNABLES

La Fédération française de la montagne et de l'escalade rappelle les consignes de sécurité obligatoires pour les pratiques en site naturel.

1/Le grimpeur, l'alpiniste, le randonneur à pied, à raquette ou à ski, le skieur hors piste, la canyoniste ou tout pratiquant de pleine nature est seul responsable de sa propre sécurité.

2/Pour les mineurs, la responsabilité incombe aux parents ou à l'encadrement.

3/Tout conseil, toute aide, ne dispense pas celui qui les reçoit ou les utilise d'évaluer les risques auxquels il peut s'exposer suite à son engagement dans la voie, la course ou l'itinéraire choisi. Notamment, s'assurer que la voie correspond à son niveau.


«La prise de risque, une nécessité humaine qu'il faut gérer».

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