Champion de ce même concours en 2005, Gagnier a depuis développé un saut unique qui consiste en une rotation sur lui-même de trois tours et demi, soit 1260°, les skis en croix et les mains agrippées à chaque planche. L’effet visuel est saisissant : on le croirait muni de plusieurs bras, de là l’appellation anglophone «octograb», pour octopus, qu’on pourrait traduire par «la prise de la pieuvre». Il utilise cette manœuvre sur le dernier module du parcours, le gros saut final. Eh bien hier, la pieuvre a été amputée.

Son atterrissage imparfait n’a pas été la seule cause de la sévérité des cinq juges à son endroit. Le slope des X Games comptait six modules, dont deux rails (longues tiges pour glisser) d’entrée de jeu.

«Ce matin, durant les qualifications, je n’avais pas pratiqué le deuxième rail», a expliqué celui qui a appris tout son ski au Mont-Sainte-Anne, où il est maintenant installé en permanence. «On m’a dit que ce ne serait pas payant en finale, alors j’ai fait ce que je pouvais. J’ai quand même atterri ma run de slopestyle et j’ai participé au big air (vendredi, sélection de quatre skieurs). C’est pas si pire !» a-t-il résumé, sans perdre le sourire.

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